EDITO

Madame, Monsieur,

Voici deux ans qu’une inflexion significative a été donnée à la politique gouvernementale et que notre pays a fait le choix de mettre la problématique de l’attractivité au coeur de ses choix stratégiques. Grâce à ce nouveau cap, la mission d’ambassadeurs auprès de leurs maisons mères, qui est celle des responsables de filiales françaises de sociétés multinationales étrangères, est désormais plus aisée qu’elle ne l’était il y a deux ans lorsqu’ils avaient alerté la puissance publique sur les difficultés qu’ils rencontraient pour convaincre leurs quartiers généraux de faire le choix de la France afin d’y investir et d’y créer des emplois.

Depuis, nombre d’initiatives ont été prises qui répondent aux recommandations des États de la France qui, cette année encore, ont été présentées le 16 mars dernier au Président de la République. De cela, les États de la France, qui cette année célébreront le 18 novembre leur 10e anniversaire et sont parrainés par 6 sociétés multinationales parmi les plus prestigieuses – Accenture, Adecco, EY, Hewlett-Packard Enterprise, Roche et Siemens – et soutenus par plus de 70 d’entre elles, se féliciteront. Entre montée en puissance du CICE, Pacte de responsabilité et de solidarité, Loi sur la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, Loi sur la modernisation du dialogue social, les responsables d’entreprises étrangères installées en France disposent ou vont prochainement disposer de nouveaux arguments dans leur plaidoyer « pro domo ».

Mais les États de la France relèveront que ces avancées ne viennent souvent qu’en partie compenser des mesures pénalisantes précédemment prises et regretteront aussi que l’appel lancé en 2014 formant le voeu que la réforme aille « plus vite, plus loin, plus fort » n’ait été que partiellement entendu. Ils déploreront à ce titre la lenteur de la mise en oeuvre des réformes, l’absence de consensus sur des mesures qui devraient faire l’objet d’une « union sacrée », et les concessions faites qui viennent altérer la portée des réformes engagées.

Dresser le bilan des mesures prises depuis un an en matière d’attractivité sera la première ambition des États de la France. Sont-elles à la hauteur des enjeux ? Ont-elles réellement, comme semblent l’attester de récentes enquêtes, et des décisions spectaculaires d’investissements en France que notre pays n’aurait probablement pas accueillis en d’autres temps, changé la donne et remis la France sur l’écran des grands investissements internationaux ? Comment ont-elles été accueillies par les « maisons mères » ? L’image de la France s’est-elle depuis un an améliorée et le « French bashing » que les signataires du manifeste des États de la France se sont solennellement engagés à combattre est-il passé de mode ? Qu’attendent les quartiers généraux pour avoir définitivement envie de France et pour que les filiales françaises deviennent les filles aimées des multinationales ? Le moment est-il venu de lever le pied et de se reposer sur ces premiers lauriers, de faire une pause dans les réformes ou au contraire de conserver le cap, accélérer le rythme et amplifier l’effort ?

Toutes ces questions vont ponctuer nos débats qui cette année encore, pour leur donner pertinence seront éclairés par un sondage réalisé par IPSOS avec le concours d’EY auprès de la communauté des sociétés multinationales autour de la question fondamentale « l’attractivité de la France s’est-elle améliorée depuis un an ? ».

Diagnostic dressé, les États de la France proposeront leur thérapie et la médication appropriée à un pays qui, s’il n’est plus l’enfant malade de l’Europe, demeure en convalescence.

Quelles sont les initiatives que la France devrait prendre pour mieux valoriser ses atouts et lever ses plus lourds handicaps ? Comment en termes de gouvernance aller « plus vite, plus loin, plus fort » dans sa réforme ? Comment optimiser son atout majeur – l’innovation – et en améliorer l’écosystème ? Comment libérer l’esprit créatif de la France pour faire de la révolution numérique et de la transition énergétique un facteur décisif d’attractivité ? Comment faire en sorte que les investissements étrangers soient plus créateurs d’emplois ? Comment mieux attirer les centres de décisions internationaux et les talents de la nouvelle économie ?

Des réponses à ces questions, nous produirons nos « recommandations » que nous apprécierons systématiquement à l’aune des « best practices » de nos compétiteurs et qui pourraient inspirer la France.

Car la concurrence est féroce pour attirer l’investissement international venant de pays qui eux aussi ont compris que si les capitaux sont étrangers, la richesse créée est locale.

Ces débats nous les mènerons avec l’ambition de servir notre pays et avec l’intime conviction que celui-ci dispose de tous les atouts – pour peu qu’ils soient mieux valorisés – et de toutes les énergies – pour peu qu’elles soient mieux mobilisées – pour devenir une terre privilégiée de l’investissement international et retrouver confiance en son avenir et en son destin.

Si vous partagez cette ambition et cette conviction, rejoignez les États de la France et la communauté des sociétés étrangères « Bien en France ». Nous serons heureux de vous y accueillir.

Denis Zervudacki
Fondateur des États de la France