Edito

Etat de la France

Madame, Monsieur,

Jamais l’attractivité de la France n’aura été autant au coeur du débat public.
Le sujet est si brûlant qu’il transcende les frontières politiques, patronales ou syndicales, passionne les économistes, divise les experts, fait dire aux classements tout et leur contraire. Sans qu’il soit possible, in fine, d’apporter une réponse univoque à ces deux interrogations stratégiques : la France est-elle, ou non, en perte de vitesse pour attirer les investissements étrangers ? Si tel est le cas, comment peut-elle retrouver toutes ses capacités de séduction ?

Répondre à ces questions, c’est dessiner l’avenir de notre pays et lui offrir les chances d’en conserver la maîtrise. Telle est notre ambition, que nous vous invitons à partager en assistant à la 8e édition des États de la France qui se déroulera, dans un format renouvelé, le 18 décembre à Paris au Conseil économique, social et environnemental,
à l’invitation de son Président, Jean-Paul Delevoye, qui en ouvrira les débats.

Notre pays ne peut plus gaspiller son énergie et ses talents dans les controverses stériles qui opposent les « docteurs tant mieux » et les « docteurs tant pis » de l’attractivité.
C’est en cela que nos querelles servent, à notre détriment, nos concurrents, qu’il s’agisse des pays émergents ou des « vieux » pays qui ont placé de longue date la compétitivité
au coeur de leurs politiques.

Certes, l’époque est révolue d’une France hostile à l’investisseur étranger jadis suspecté de faire main basse sur son économie et d’altérer son identité nationale. Elle est l’une des principales terres d’accueil pour les sociétés à capitaux étrangers, dont plus de 20 000 sont présentes sur
notre territoire ! Et notre pays bénéficie, en retour, de leur contribution à ses performances, à sa prospérité et, ne l’oublions jamais, à son emploi : dans la seule industrie, elles représentent 29 % du chiffre d’affaires, le quart des effectifs salariés, 34 % des exportations, 29 % de l’investissement corporel et de la recherche et développement. L’ouverture de la France est une réalité. Elle est irréversible. Et ceux qui rêvent du contraire sont des illusionnistes.

Néanmoins, aucune situation n’est acquise. Comme l’attestent certaines enquêtes, les capacités attractives de la France, tout comme sa compétitivité globale, se seraient érodées. Et sans céder au pessimisme ni au « déclinisme », elle doit écouter ce que lui disent les entreprises internationales qui souhaitent investir sur son territoire.

Quels sont ses atouts et ses handicaps ? Quelles concurrences doit-elle affronter ? Quelles réformes devrait-elle engager ? De quelles bonnes pratiques pourrait-elle s’inspirer ? Des
réponses à ces questions dépendront ses chances de rester dans la course.

Cette année, Les États de la France donnent la parole en priorité aux dirigeants de filiales de sociétés étrangères, à l’image de quatre des plus prestigieuses d’entre elles – Accenture, Adecco, HP et Siemens – qui leur ont accordé leur soutien. Étrangères par leurs capitaux, mais
créant de la richesse française et citoyennes par leur ancrage territorial. Parce qu’ils sont au coeur des compétitions qui agitent les groupes multinationaux sur les décisions d’investissement à l’étranger, et donc en France, leurs dirigeants locaux en sont les ambassadeurs auprès de leurs maisons-mères, à qui ils font partager leur conviction que le choix de la France est un choix pertinent. C’est d’ailleurs sous la bannière « Bien en France », que se sont engagées plus d’une trentaine de sociétés qui se sont associées aux États de la France, fidèles au « francoptimisme » qui inspire depuis l’origine ce rendez-vous.

Mais les représentants de cette « légion étrangère » sont aussi les mieux placés pour exprimer sans complexe et sans complaisance les vérités, parfois dérangeantes, qui inciteront notre pays à corriger ses défauts et faire fructifier ses atouts. Ils sont aux premières loges pour connaître les défis que la France doit relever pour faire face à la concurrence internationale. Leurs réflexions
seront confrontées à celles d’experts et de personnalités
engagées dans la vie publique. Ils bénéficieront aussi de l’éclairage de l’étude mondiale réalisée, cette année encore, par l’INSEAD – The Business School for the
World –, parrain et partenaire académique des États de la France. Enfin, leurs réflexions alimenteront les tables rondes et seront conclues par les « Recommandations des États de la France » nourries par un travail préliminaire opéré avec EY France.

Comme nous, vous croyez en la France ? Alors rejoignez les États de la France. Nous serons heureux de vous y accueillir.