Résultats du sondage IPSOS et EY pour la 9ème édition des Etats de la France 2014

L’attractivité de la France selon les responsables des sociétés étrangères ayant au moins 250 salariés en France

Principaux enseignements du sondage réalisé par Ipsos pour la 9ème édition des Etats de la France, en collaboration avec EY

Décembre 2014

En 2014, un certain nombre d’annonces ont été faites et des initiatives ont été prises pour améliorer l’attractivité économique de la France. La neuvième édition des Etats de la France a pour ambition de dresser le bilan de ces mesures. Pour nourrir les réflexions lors de cet événement, les Etats de la France et Ipsos, en collaboration avec EY, se sont associés pour réaliser un sondage auprès des responsables d’entreprises étrangères ayant au moins 250 salariés en France. Quelle image ces entreprises ont-elles de la France ? Le pays est-il jugé attractif ? Les mesures prises depuis un an vont-elles dans la bonne direction ? Sont-elles à la hauteur des attentes ? A ces questions, l’enquête apporte un certain nombre d’éléments de réponse.

La France est aujourd’hui un pays peu attractif pour les entreprises étrangères

L’idée qui domine auprès des groupes étrangers implantés dans l’hexagone est que la France n’est pas aujourd’hui un pays attractif pour les entreprises (77%). Pour autant, les avis négatifs restent modérés dans leur intensité, la majorité des dirigeants (66%) se positionnant sur la réponse « pas très attractif » alors que 11% seulement jugent la France « pas du tout attractive » pour les entreprises.
La France est un pays attractif pour seulement 23% des entreprises interrogées. Celles-ci soulignent la qualité des infrastructures de transport et de communication (90% de citations) et la présence d’une main-d’oeuvre qualifiée (83%). Ces deux atouts sont d’autant plus déterminants que les obtenir nécessite du temps et d’importants investissements. Autre atout qui est souligné : la France est une porte d’accès vers le marché européen, par son emplacement géographique (37%) et son appartenance à la zone Euro (20%).
Cela étant, c’est bien le sentiment que la France n’est pas un pays attractif qui domine. Les filiales françaises de groupes étrangers mettent en avant plusieurs raisons pour l’expliquer. La première d’entre elles est liée à l’action des pouvoirs publics. Pour les entreprises, les gouvernements – toutes couleurs politiques confondues – n’ont pas pris les bonnes mesures pour développer l’attractivité économique du pays. Cette opinion fait l’unanimité : 97% des sondés pensent que cela joue un rôle important dans le manque d’attractivité, dont 75% un rôle très important. D’autres facteurs sont mis en avant : la concurrence de nouveaux pays émergeants sur la scène économique internationale (76%) et la conjoncture économique dégradée en France et en Europe (73%).
Le fait que les gouvernements successifs n’aient pas pris les bonnes décisions est ainsi la première raison invoquée pour expliquer le manque d’attractivité de la France, devant les explications liées au contexte international ou au climat économique. Pour les entreprises étrangères, les leviers d’amélioration de l’attractivité sont donc avant tout politiques.

Des mesures qui vont dans le bon sens, mais sont jugées insuffisantes

Dans ce contexte, comment les mesures prises depuis un an sont-elles perçues par les entreprises étrangères ? Ont-elles fait bouger les lignes ? Globalement, les réformes engagées par le Gouvernement pour améliorer l’attractivité de la France sont assez bien accueillies. Elles vont dans le bon sens pour la majorité des entreprises étrangères (56%, contre 44% pour qui elles vont dans le mauvais sens). Les jugements sont même très positifs dans les grandes structures : 72% des entreprises de plus de 5000 salariés estiment que les mesures prises depuis un an vont dans la bonne direction.
Pour autant, cela ne permet pas de faire reculer le sentiment que le pays intéresse de moins en moins les investisseurs étrangers. Pour 55% des entreprises interrogées, l’attractivité de la France s’est plutôt dégradée depuis un an, 35% pensent qu’elle n’a pas changé. L’idée d’une amélioration de l’attractivité cette année est très minoritaire (10%), y compris auprès des entreprises qui pensent que les réformes vont dans la bonne direction (18%).
Si la France n’a pas réussi à inverser la tendance c’est parce que dans le détail, les mesures mises en place depuis un an sont perçues comme allant dans le bon sens (entre 74% et 95% selon les dispositifs), mais sans pour autant créer le « choc d’attractivité » attendu. Elles sont jugées insuffisantes par la majorité des entreprises. C’est le cas en particulier des mesures de simplification : le Passeport Talent va dans le bon sens mais n’est pas suffisant pour 78% des entreprises, de même que la simplification administrative (83%) et la réduction du nombre de régions (77%). C’est aussi l’idée qui domine pour les mesures touchant le droit du travail : l’assouplissement des règles qui encadrent le travail le dimanche (80%) et la loi sur la sécurisation de l’emploi (69%). Enfin, c’est également le cas pour les mesures fiscales : la réduction du coût du travail (qui va dans le bon sens mais n’est pas suffisante pour 83%) et la baisse de l’impôt sur les sociétés (73%).
Au total, les mesures d’attractivité sont bien accueillies mais restent en deçà des attentes. Leur impact sur les décisions des sièges mondiaux en matière d’investissement est pour l’heure très limité. 79% des entreprises disent que ces mesures n’ont pas encouragé leur siège à développer leur activité en France. Les effets concrets de ces mesures se font attendre et le rythme de leur mise en oeuvre est jugé trop lent par 93% des entreprises étrangères.

Pour les responsables d’entreprise, la France peut redevenir attractive si elle poursuit les réformes

Pour autant, les responsables de filiales de groupes étrangers pensent que la France peut redresser la barre. Pour eux, le faible attrait du pays n’a rien d’inéluctable puisque 90% estiment que le pays peut redevenir attractif pour les entreprises. Pour améliorer son attractivité, la France doit selon eux renforcer les mesures qui ont déjà été mises en place depuis un an mais aussi en prendre d’autres. Parmi différentes mesures qui pourraient développer l’attractivité du pays, celles qui présentent le plus fort potentiel portent, selon les responsables d’entreprises étrangères, sur le marché de l’emploi et le droit du travail. Il s’agit de la flexibilisation du marché de l’emploi (qui aurait un effet très positif sur l’attractivité pour 86% des sondés), la diminution du coût du travail (74%), la simplification des procédures de consultation dans le domaine social (63%) et de la suppression des 35h (61%). En soulignant l’impact positif de ces mesures, les entreprises étrangères expriment une forte attente pour une réforme structurelle du marché du travail en France.

L’image de la France à l’étranger, un levier pour améliorer l’attractivité

Autre enseignement majeur de l’enquête : l’attractivité se joue aussi sur le terrain de l’image. Aujourd’hui seulement 21% des responsables locaux des entreprises étrangères implantées en France disent que leurs sièges mondiaux ont une image positive de la France, contre 79% qui en ont une image négative. La réputation de la France est particulièrement négative aux Etats-Unis où 92% des sièges ont une mauvaise image du pays. Ce déficit d’image explique sans doute que les maisons-mères n’aient pas aujourd’hui l’intention d’investir davantage en France pour y développer leur activité (77%).
Mais l’image de la France auprès des sièges mondiaux ne correspond pas toujours à la réalité telle qu’elle est perçue par les responsables des filiales françaises. Lorsque le siège a une mauvaise image de la France, celle-ci est jugée excessivement négative par près d’une filiale française sur deux (44%). A l’inverse, lorsque le siège a une bonne image de la France, celle-ci est en phase avec la réalité dans la majorité des cas (76%). Ainsi, la France souffre-t-elle d’une mauvaise réputation qui, au dire d’une partie des responsables de filiale française, n’est pas totalement justifiée. Dans ce contexte, la promotion des atouts de la France à l’étranger peut être un important levier d’action pour renforcer son attractivité. Et cela pourrait avoir un impact positif pour 87% des responsables d’entreprise interrogés.